J'aurais voulu être une artiste.

Le slim.

L'article existe déjà sur Save My Brain (ici) écrit par Nelly Glassmann, mais ayant travaillé également sur le sujet à l'époque, je trouve dommage de laisser l'article sur mon disque dur. :)

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Un clonage sans question d’éthique, de molécule ou de personnes en blouse blanche dans un labo ? Ca existe. La science n'a qu'à bien se tenir, c’est une réplication d’un nouveau genre, moins risquée, moins chère, et surtout indéniablement plus efficace qui a débarqué sur Terre depuis quelques temps. Son chef de file ? Un pantalon démoniaque et inhumain, j’ai nommé : le slim.

« L’essayer, c’est l’adopter » vous diront les adeptes. Certes, pour peu que vos formes vous y autorisent, tentez de vous enfiler une gambette après l’autre dans cet étui à cigarettes, assortissez-le des quelques accessoires de rigueur - emo / métrosexuel / punk / anarchiste / révolutionnaire / flashy / etc (rayez la mention inutile) - tout ce que vous voulez, du moment que c’est kitch et voyant et que cela cadre avec l’esprit de cette nouvelle tendance ridicule du moment. Et là - Ô magie ! - le lendemain matin à la fac, là où vous pensiez attirer tous les regards en abhorrant fièrement votre dernière trouvaille mirifique des bacs à soldes, vous ressemblez tout bonnement à l’ensemble des moutons de Panurge qui ont eu exactement la même idée que vous ce matin...

En théorie, le slim semble adaptable à toutes les morphologies, genre caméléon. Le souci, c’est que personne n’est égal niveau tour de cuisse - fesses galbées - taille basse non-élastiquée. Et que le caméléon risque de rapidement virer baleineau sur le commun des mortels qui ne possède pas les mensurations de Kate Moss dans sa dernière pub. Dans le cas où Dame Nature vous aurait épargné les amas graisseux stagnant au niveau des cuisses, le slim vous donne une allure de sauterelle qui aurait piqué des échasses. Finalement, rares sont celles qui entrent dans le juste milieu, ces personnes sur lesquelles un tel pantalon masque les moindres imperfections de leur anatomie et met en valeur les parties rebondies (certaines se damneraient d’ailleurs certainement pour un soutien-gorge qui en ferait autant).

Mais si les troupeaux d'adeptes possédant un caryotype XX se font de plus en plus nombreux, leurs homologues masculins ne sont pas en reste, n'hésitant pas à laisser au placard leur virilité. Où sont donc nos hommes forts et musclés ? Au vu des crevettes chevelues qui se promènent en bancs de poissons rachitiques dans les rues de la capitale, je me pose des questions. Quel plaisir peut-on prendre à porter un pantalon aussi moulant et parfois même trop court ? Quelle logique y a-t-il à jouer les rockeurs androgynes et à parader avec une tenue si peu flatteuse ? Tignasse au vent, lunettes de soleil Wayfarer parce que c’est la classe, Converses ou Derbies, la jeunesse mâle se féminise pour le plus grand malheur de ces dames.

Pourquoi suivre une dictature vestimentaire qui ne convient de toute façon pas à la plupart des gens ? Non, sur moi, le slim ne passera pas. Parce qu'avec lui, homme ou femme, même combat. Celui contre l'originalité. Et l'uniformité, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé.

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