J'aurais voulu être une artiste.

Il y a des soirs...





Là où autrefois j'aurais adulé mes notes de traduction, aujourd'hui je les délaisse et rejette en bloc, et bichonne mon cours d'architecture. Et puis il y a ces pensées saugrenues qui surgissent comme une envie de pisser. Il y a eu cette alchimie et cette froideur. Il y a eu cette dame qui m'a demandé si je faisais ma prière, à genoux dans le magasin à fouiller dans un bac afin de dégoter the perfect vinyl à coller sur mon mur. Ces Choco Pops dégueux. Cette chanson qui tourne en boucle et qui arrive à me faire avancer le matin. Ces demoiselles écossaises qui portent leurs chemisiers comme des robes et leurs leggings diaphanes comme des pantalons. Ce dictionnaire de 1846 qui ne voulait pas m'accompagner hors de la bibliothèque. Ces bouteilles de lait qui coulent dans le frigo. Cet alter ego dans lequel je n'écris plus. Ce réveil Flik-Flak qui me réveille tous les matins depuis 20 ans. Cette saison de Gossip Girl que je n'arrive pas à terminer car le PC se dégonfle littéralement sous la pression. Ces librairies qui sentent le vieux bouquin. Ces dindes qui jouent à cache-cache dans les couloirs et qui hurlent des chansons débiles dans la cour à trois heures du mat. Cette écriture manuscrite qui ne me ressemble plus. Et son air mutin. Ses lèvres qu'on dirait qu'elle les dessine tous les matins avec son rouge à lèvres. Cette admiration qui me tuera sûrement un jour. Après tout, faut bien qu'on meure de quelque chose. Et toutes ces livres dépensées à contre-coeur, mais toujours avec amour. Même pour les rêves on a un budget. Qu'en sera-t-il vraiment demain?

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